« Célimène et le Cardinal »

Affiche Célimene

Avec

Mise en scène

Béatrice Croquet

Célimène attend Alceste !… 

Mais pourquoi « le Misanthrope » aujourd’hui Cardinal, s’invite-t-il après 20 ans de silence, chez son ancienne amante ? 

Quelle magnifique idée d’auteur !

De quoi séduire tout metteur en scène amoureux des débordements passionnels de l’âme, pour peu qu’il ait, pour l’accompagner dans son projet, deux comédiens suffisamment brillants, dotés d’une personnalité assez forte, d’un physique en adéquation solide avec les personnages et d’une palette de jeu largement ouverte !

Annick Gambotti, avec qui j’avais déjà eu le plaisir de travailler pour « Ay Carmela ! », et Richard Gauteron que j’avais pu apprécier sur scène, m’ont tout de suite convaincue qu’il étaient de ceux-là ! 

Ils ont su, au fil du travail, donner corps avec intelligence à ce subtil duel amoureux où la passion portée à fleur de mot touche sa cible, où chaque geste transperce, où chaque regard caresse, où chaque silence interroge.

Ils ont investi avec brio ce face à face  passionnel, intense, cocasse, émouvant et terriblement sensuel que Molière n’aurait sans doute pas désavoué, faisant vibrer sur scène un somptueux bouquet d’émotions, si bien ancrées dans notre temps que l’on s’y contemple comme dans un miroir incandescent.

Au fil des répétitions, nous nous sommes tous trois attachés à servir avec sensibilité, sobriété et précision la finesse musicale du texte, tout en tentant d’éviter les pièges de la versification. 

Nous nous sommes en effet trouvés face à cette « étrangeté » littéraire : une pièce à la résonance psychologique résolument contemporaine habillée d’une forme textuellement classique !

A travers mes choix de mise en scène et de scénographie (bravo et merci  à Jean-Marie Baré, notre décorateur, de les avoir si bien traduits !), j’ai entrepris de valoriser mes axes dramaturgiques : hymne « forcené » au sentiment amoureux triomphant, mais aussi féminisme positif, incarné par une Célimène stupéfiante de fraîcheur et gourmande de vie face à la quasi infirmité affective d’Alceste, éternel incompris, englué dans ses manques et ses incertitudes ; Ce même Alceste, qui sait pourtant parfois si bien faire surgir de fulgurants éclairs de sincérité passionnelle.

Mais aussi et peut-être surtout, en filigrane permanent, j’ai voulu défendre sans lourdeur militante mais avec ferveur ce subtil plaidoyer contre toutes les formes d’intolérance.                               

                                                                                     Béatrice Croquet
Metteur en scène

Tract verso - Célimene

Cette brillante comédie, écrite en 1990, a été nommée sept fois aux Molières en 1992.

Après le succès de « Ay Carmela ! », Annick Gambotti et la Compagnie Thalie ont éprouvé le vif désir de poursuivre l’aventure théâtrale si bien engagée aux côtés de  Béatrice Croquet, le metteur en scène.

Avec le concours du comédien Richard Gauteron, ils ont donc entrepris à nouveau d’explorer les méandres innombrables et jubilatoires de l’âme humaine à travers cette seconde collaboration, tout en dédiant leur travail à votre seul plaisir !                         

                                                                                   La Compagnie Thalie